Santillana del Mar sans la foule : comment visiter le village des trois mensonges hors saison
En août, Santillana del Mar ressemble à un décor avec trop de monde à l’intérieur. En février, avec le brouillard collé à la Colegiata et les dalles de la rue del Cantón humides, il redevient ce qu’il a été : un village médiéval cantabrique de pierre ocre, d’armoiries nobiliaires et d’étables qui sentent encore la vache tudanca. Ce contraste explique pourquoi il vaut la peine de venir quand personne ne vient.
Ce guide s’adresse à qui veut marcher sans éviter les groupes, entrer à la Colegiata sans file d’attente et manger du cocido montañés dans un mesón où le serveur a le temps de t’expliquer ce qu’est la berza. Si tu cherches un resort ou la plage, ce n’est pas ton endroit. Si tu t’intéresses aux villages médiévaux de Cantabrie dans leur version la plus honnête, continue de lire.
Pourquoi « village des trois mensonges »
Le surnom est répété par tous les guides, mais il faut bien le préciser : il n’est ni saint, ni plat, ni proche de la mer. Saint, parce que le nom vient de Sainte Juliana (Sancta Iuliana → Santillana), et non d’une quelconque dévotion particulière de la commune. Plat, parce que le centre urbain présente une pente évidente entre la place Mayor et la Colegiata. Et mer, parce que la côte cantabrique se trouve à environ 4 kilomètres : le village est à l’intérieur des terres.
Ce malentendu dure depuis des siècles et fait désormais partie de son charme. Il permet aussi de comprendre que Santillana est né comme noyau monastique autour des reliques de Sainte Juliana (apportées, selon la tradition, au IXe siècle), et qu’il s’est développé en villa seigneuriale grâce aux privilèges médiévaux et au mécénat des Mendoza, marquis de Santillana depuis 1445.
Que voir sans se presser
La Colegiata de Santa Juliana
C’est le bâtiment qui justifie le voyage. Roman du XIIe siècle, avec un cloître aux chapiteaux historiés qui compte parmi les meilleurs du nord de la péninsule : lions affrontés, scènes de la Genèse, entrelacs végétaux. L’entrée coûte environ 3 à 4 € et inclut le cloître. Consulte les horaires avant de venir, car ils varient selon la saison et les offices religieux.
Viens tôt le matin. En hiver, en semaine, tu risques d’être seul pendant plus de dix minutes. Ce silence, avec la lumière qui entre de biais par les arcades, fait à moitié partie de la raison du voyage.
La Néocueva d’Altamira
La grotte originale est fermée au public général depuis les années 2000 pour des raisons de conservation (avec des visites restreintes tirées au sort chaque semaine). Ce que l’on visite est la Néocueva, une réplique au millimètre du plafond aux polychromies, à l’intérieur du Musée national et Centre de recherche d’Altamira, à environ 2 kilomètres du centre. L’entrée coûte environ 3 €, gratuite le samedi après-midi et le dimanche. Site officiel du musée pour réserver.
Ce n’est pas « la vraie grotte », mais la reproduction est réalisée avec un scanner laser et des pigments analogues : on perçoit le volume des bisons grâce aux protubérances de la roche, ce qui fait l’originalité de l’art magdalénien d’Altamira.
Rues et demeures
Parcours la rue del Cantón, la rue de Juan Infante et la place de Ramón Pelayo. Remarque les écussons : les Barreda, les Villa, les Bustamante. La Tour de Don Borja (fondation Santillana) et la Tour du Merino datent des XIVe-XVe siècles. En une bonne heure, tu as fait le centre. Une heure de plus si tu entres dans deux ou trois demeures transformées en petits musées.
Manger sans piège
Le plat typique ici est le cocido montañés (haricot blanc, berza, chorizo, boudin et côte de porc) et le cocido lebaniego aux pois chiches, qui vient de la vallée voisine de Liébana. On trouve aussi les quesucos, les sobaos pasiegos et la quesada. Cherche les sobaos avec IGP Sobao Pasiego : les industriels n’ont rien à voir avec eux.
Évite les restaurants avec un menu plastifié en quatre langues juste sur la place principale. Marche deux rues et tu trouveras des mesones familiaux où le cocido coûte entre 15 et 20 € et a un vrai goût de saindoux. Si tu as une journée de plus, dirige-toi vers la côte : sur la ligne asturienne, Tazones sert encore des oursins en novembre et le détour en vaut la peine.
Comment organiser la visite
| Élément | Information pratique |
|---|---|
| Meilleure période | De novembre à mars, en semaine |
| Pire période | Juillet, août et Semaine sainte |
| Durée conseillée | Une demi-journée + Altamira (journée complète) |
| Comment venir | En voiture depuis Santander (environ 30 km, 30 à 40 min) |
| Stationnement | Parkings dissuasifs à l’entrée, 5 à 8 € |
| Hébergement | Paradores et auberges rurales ; les prix montent en été |
En hiver, il y a des jours de pluie battante : prévois un imperméable, des chaussures à semelle adhérente (les dalles glissent) et des couches de vêtements. L’office de tourisme se trouve sur la place Mayor.
Que faire le lendemain
Réserve une matinée pour les Grottes du Soplao (à environ 40 minutes en voiture) ou descends à Comillas voir le Capricho de Gaudí. Si tu t’intéresses aux villages de la corniche, Lastres, sur la côte asturienne, sent encore le pixín et s’intègre bien dans un itinéraire de trois ou quatre jours dans le nord.
À lire à l’hôtel : Les Guerres cantabriques de Peralta Labrador, si l’histoire te plaît, ou n’importe quelle édition des Serranillas du marquis de Santillana, qui les a composées lui-même dans ces contrées.
Questions fréquentes
Combien coûte l’entrée à la Colegiata de Santa Juliana ?
L’entrée générale coûte environ 3 à 4 € et inclut le cloître. Il existe des tarifs réduits pour les retraités et les étudiants. Les horaires changent selon la saison et les célébrations ; il est conseillé de vérifier sur le site de l’évêché de Santander avant de venir.
Peut-on visiter la grotte originale d’Altamira ?
Pas librement. Depuis 2014, il existe un programme de visites expérimentales très restreintes : cinq personnes par semaine, tirées au sort parmi les visiteurs du musée ce jour-là. Ce que voit le public général est la Néocueva, la reproduction intégrée au musée.
Quelle est la meilleure période pour visiter Santillana del Mar sans touristes ?
De novembre à mars, en évitant les ponts et Noël. C’est en semaine, tôt le matin, que le centre est le plus calme. En été et pendant la Semaine sainte, les bus d’excursion arrivent et l’ambiance change complètement.
Vaut-il mieux dormir à Santillana ou faire l’excursion depuis Santander ?
Si tu le peux, dors une nuit sur place. Le village change quand les bus repartent en fin de journée : les rues se vident, les lampadaires s’allument et l’échelle humaine reprend ses droits. Il y a un parador et plusieurs auberges dans des bâtiments historiques, à des prix raisonnables hors saison (60 à 90 € la chambre double).
Est-il accessible aux personnes à mobilité réduite ?
Partiellement. Le centre est piéton mais pavé de dalles irrégulières et en pente. L’accès à la Colegiata est difficile en fauteuil roulant. Le musée d’Altamira, en revanche, est bien adapté.
Lieux d'intérêt Loisirs et culture #Cantabria #Guía de viaje #pueblos con encanto #turismo #viajes fuera de temporada
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